La mortalité
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MessageSujet: La mortalité   Dim 6 Avr 2008 - 18:54

« Le destin des Elfes est d’être immortels, d’aimer la beauté du monde, de l’aider à se révéler pleinement grâce à leur délicatesse et leur perfection innées, de durer tant qu’il dure, de ne jamais l’abandonner même quand ils sont « massacrés », mais d’y revenir – et toutefois, quand viennent les Successeurs, de les instruire et de leur faire place, de « s’effacer » tandis que les Successeurs e développent et absorbent la vie dont les deux peuples procèdent. Le Destin (ou Don) des Hommes est d’être mortels, affranchis des cercles du monde. Puisque le point de vue du cycle dans son ensemble est celui des Elfes, la mortalité n’est pas expliquée par le mythe : c’est un mystère de Dieu dont on ne sait rien de plus que le fait que « le destin de Dieu pour les Hommes est caché » : c’est un motif de chagrin et d’envie pour les Elfes immortels. »
Arrow Lettre 131 à Milton Waldman
Fin 1951

« La mortalité, destin ou don de Dieu, ne peut bien entendu être abrogée par les dieux, mais les Númenóréens ont une grande durée de vie. »
Arrow Lettre 131 à Milton Waldman
Fin 1951

« Cette récompense est leur perte – ou l’objet de leur tentation. Leur longue vie facilite leurs réalisations dans les domaines de l’art et de la sagesse mais engendre une attitude possessive envers ces choses, et le désir naît de jouir de plus en plus de temps pour en profiter. Anticipant cela en partie, les dieux posent dès le début un Interdit aux Númenóréens : ils ne devront jamais voguer vers Eresseä, ni vers l’ouest jusqu’à perdre de vue leur propre terre. Dans toutes les autres directions, ils pourront aller comme ils l’entendent. Ils ne devront pas poser le pied sur les terres « immortelles » et ainsi s’éprendre d’une immortalité (dans les limites du monde qui va contre leur loi, le destin ou don particulier d’Ilúvatar (Dieu) et que leur nature ne peut en fait tolérer. »
Arrow Lettre 131 à Milton Waldman
Fin 1951

« Une triple durée de vie leur fut accordée, mais pas « l’immortalité » elfique (qui n’est pas éternelle, mais est limitée par le temps que durera la terre) ; car, le point de vue de cette mythologie est que la « mortalité », ou la brève longévité, et « l’immortalité », ou longévité indéfinie, faisaient partie de ce que l’on pourrait appeler la nature biologique et spirituelle des Enfants de Dieu, respectivement des Hommes et des Elfes (les premiers-nés), et ne pas être modifiée par quiconque (même par une Puissance, ou dieu) et ne serait pas modifiée par l’Unique, sauf peut-être pour une de ces étranges exceptions à toutes les règles et ordonnances qui semblent surgir dans l’Histoire de l’Univers, et montrent le Doigt de Dieu, seule Volonté, seul Agent qu soit totalement libre. »
Arrow Lettre 156 à Robert Murray, S. J. (brouillon)
4 novembre 1954

« Bien sûr, en termes extérieurs à mon histoire, Elfes et hommes ne sont que des aspects différents de l’humain et représentent le problème de la Mort telle qu’elle est vue par une personne finie, mais de bonne volonté et possédant une conscience de soi. Dans ce monde mythologique, les Elfes et les Hommes sont, dans leurs formes incarnées, de la même famille, mais représentent, dans la relation de leurs « esprits » avec le monde temporel, des « expériences » différentes, chacune possédant sa propre orientation naturelle, et sa faiblesse. »
Arrow Lettre 181 à Michael Straight (brouillon)
Janvier ou février 1956

« Le véritable thème, pour moi, est lié à quelque chose de beaucoup plus intemporel et difficile : la Mort et l’Immortalité : le mystère de l’amour du monde dans le cœur d’un peuple « condamné » à le quitter et à le perdre (apparemment) ; l’angoisse dans le cœur d’un peuple « condamné » à ne pas le quitter tant que toute son histoire engendrée par le Mal ne sera pas achevée. »
Arrow Lettre 186 à Joanna de Bortadano (brouillon)
Avril 1956

« Qu’il n’y ait pas d’allégorie ne signifie pas, bien entendu, qu’il n’y a pas d’applicabilité. Il y en a toujours. Et puisque je n’ai pas rendu cette lutte totalement univoque – paresse et bêtise chez les Hobbits, orgueil et [mot illisible] chez les Elfes, rancune et avidité dans les cœurs des Nains, folie et ignominie chez les « rois des Hommes », trahison et désir du pouvoir même chez les « Mages » -, je suppose que mon histoire peut s’appliquer aux temps présents. Mais je dirais, si on me le demandait, que ce récit n’est pas vraiment sur le Pouvoir et la Domination, qui ne servent qu’à faire tourner les rouages : il est sur la Mort et le désir d’immortalité. Ce qui revient seulement à dire que c’est un récit écrit par un Homme ! »
Arrow Lettre 203 à Herbert Schiro
17 novembre 1957

« Mais dans un tel processus vos goûts, vos idées et vos croyances se trouvent absorbés. Même si ce n’est qu’en relisant moi-même l’œuvre (avec des critiques en tête) que j’ai pris conscience de la prédominance du thème de la Mort. (Non qu’il y ait là aucun « message » original : la plupart de l’art et de la pensée des hommes s’en préoccupent de manière comparable.) Mais la Mort n’est certainement pas un Ennemi ! J’ai dit, ou voulu dire, que le « message » concernait l’horrible danger de confondre la véritable « immortalité » et la longévité sérielle sans limites. La Libération du Temps et le refuge dans le Temps. Cette confusion est l’œuvre de l’Ennemi, et l’une des causes principales du désastre humain. Comparez la mort d’Aragorn avec ce qu’elle est pour un Spectre de l’Anneau. Les Elfes appellent la « mort » le Don de Dieu (aux Hommes). Leur tentation est différente : l’attirance d’une mélancolie oisive, chargée de Mémoire et conduisant à une tentative pour arrêter le Temps. »
Arrow Lettre 208 à C. Ouboter, Voorhoeve en Dietrich, Rotterdam
10 avril 1958

« Dans cette « préhistoire » mythique, l’immortalité, au sens strict une longévité coextensive à la durée de vie d’Arda, faisait partie de la nature reçue par les Elfes ; après la Fin, rien n’était connu. Il est dit que la mortalité, c’est-à-dire une brève durée de vie n’ayant aucun rapport avec la vie d’Arda, était la nature reçue par les Hommes : les Elfes l’appelaient le don d’Ilúvatar (Dieu). Mais il faut se rappeler que mythiquement ces récits sont elfo-centriques, non anthropocentriques, et que les Hommes n’y apparaissent qu’à un moment qui doit être ben postérieur à leur Venue. Il s’agit donc ici d’une conception « elfique », qui n’a pas nécessairement quelque chose à dire pour ou contre les croyances comme celle des chrétiens selon laquelle la « mort » ne fait pas partie de la nature humaine mais est une punition du péché (la rébellion), une conséquence de la « Chute ». Il faut l’envisager comme une représentation elfique de ce que la mort – le fait de ne pas être lié aux « cercles du monde » - devrait désormais être pour les Hommes, quelle que soit son origine. Une « punition » divine est aussi un « don » divin, si elle est acceptée, puisque son objet est une bénédiction ultime, et l’inventivité suprême du Créateur fera en sorte que les « punitions » (c’est-à-dire les modifications du dessein) produiront un bien qui autrement ne peut être atteint : un Homme « mortel » possède probablement (c’est ce que dirait un Elfe) une destinée, bien que non révélée, plus haute que longévive. Tenter par un procédé ou par « magie » de recouvrer la longévité est donc une folie et une ignominie suprêmes de la part des « mortels ». La longévité ou la fausse « immortalité » (la véritable immortalité n’appartient pas à Eä) est le principal leurre de Sauron – il fait des humbles des Gollum, et des grands des Spectres de l’Anneau.
Les légendes elfiques rapportent un cas étrange d’une Elfe (Miriel, la mère de Fëanor) qui a tenté de mourir, ce qui a eu des conséquences désastreuses, débouchant sur la « Chute » des Hauts-Elfes. Les Elfes n’étaient pas exposés aux maladies, mais pouvaient être « tués » : c’est-à-dire que leur corps pouvait être détruit, ou mutilé au point de ne plus pouvoir conserver la vie. Mais cela ne débouchait pas naturellement sur la « mort » : ils étaient restaurés, ils naissaient de nouveau avant de finalement retrouver la mémoire de leur passé – ils demeuraient « identiques ». Mais Miriel a souhaité cesser d’être et refusé de renaître*. »

*Selon la conception des Elfes également (et des Númenóréens non corrompus) un Homme « bon » mourrait ou devrait mourir volontairement, en s’abandonnant avec confiance avant d’être contrait (comme l’a fait Aragorn). Cela a pu être la nature de l’Home non déchu, même si la contrainte ne le menaçait pas : il désirait et demandait à être autorisé à « continuer » à un niveau supérieur.

Arrow Lettre 212, brouillon de la suite (non envoyée) de la lettre adressée à Rhona Beare le 14 octobre 1958

« A propos des Elfes. Même dans ces légendes-ci, nous voyons les Elfes surtout à travers les yeux des Hommes. Il est clair en tout cas qu’aucun des deux peuples n’était pleinement informé de la destinée ultime de l’autre. Les Elfes étaient d’une longévité suffisante pour que les Hommes les appellent « immortels ». Mais ils n’étaient pas sans vieillir ou sans se lasser. Selon leur propre tradition, ils étaient confinés dans les limites de ce monde (dans l’espace et dans le temps), même s’ils mouraient, et devaient continuer à y exister sous une forme ou une autre jusqu’à « la fin du monde ». […] Ils n’avaient pas non plus, bien entendu, d’informations particulières sur ce que la « mort » promettait aux Hommes. Ils croyaient qu’elle signifiait la « libération des cercles du monde » et, de ce point, pouvait leur être enviée. Et ils faisaient remarquer aux Hommes qui les enviaient que la terreur d’une perte définitive, même si elle pouvait être indéfiniment éloignée, n’est pas nécessairement plus facile à porter si finalement elle est certaine de manière inéluctable : plus il est porté longtemps, plus un fardeau peut devenir lourd. »
Arrow Lettre 245 à Rhona Beare
25 juin 1963

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The one thing I remember about Christmas was that my father used to take me out in a boat about ten miles offshore on Christmas Day, and I used to have to swim back. Extraordinary! It was a ritual. Mind you, that wasn't the hard part. The difficult bit was getting out of the sack.
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